
Un 4×4 Land Rover s’enfonce dans la forêt. À son bord, trois reporters, gilets pare-balles siglés « presse » sur le dos, se cramponnent pour encaisser les secousses de la piste défoncée. Au volant, leur chauffeur aperçoit des silhouettes entre les arbres. « Les voilà », lance-t-il avant d’immobiliser le véhicule.
Au milieu de ce conflit fictif, six reporters participent exceptionnellement à cet entraînement militaire, en cette fin du mois de juin 2026. Répartis en deux équipes de part et d’autre du front, ils couvrent la fausse guerre comme s’il s’agissait d’une vraie.

Dans la forêt, les journalistes suivent les soldats chargés de reconquérir la ville. Sur le capot du 4×4, une carte est dépliée. Prochaine étape : se rapprocher du front sans se retrouver sous le feu. Ici, les armes tirent à blanc, mais personne n’est réellement à l’abri. Soldats comme journalistes portent un gilet bardé de capteurs reliés à un système de simulation laser. À chaque impact, l’ordinateur décide : blessé, grièvement blessé ou mort. L’exercice a des airs de « laser game » géant. Chaque déplacement est pesé, chaque carrefour observé, chaque décision discutée. « On se pose sans cesse des questions : est-ce qu’on y va ? Est-ce qu’on renonce ? Est-ce qu’on prend ce risque ou pas ? », résume Marie Ruwet, photoreporter belge de 26 ans.
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Article écrit par : Rémi Carton
Crédits photo : Merlin Ferret

